Sommaire
- Un défi historique : seulement deux nations l'ont fait
- 17 champions du monde reconduits, l'ossature intacte
- Messi, dernière danse à 39 ans
- Nico Paz, la relève qui pousse
- La malédiction du champion sortant
- Le tirage : groupe J abordable, mais piège dès les 16èmes
- Ce que disent les cotes des bookmakers
- Verdict : favoris sérieux, pas favoris numéro 1
Trois ans après Lusail, l’Albiceleste arrive aux États-Unis avec un objectif qui n’a été réussi que deux fois en presque cent ans d’histoire de Coupe du Monde : conserver son titre. Une chose qui n’a plus été faite depuis le Brésil de Pelé en 1962.
Un défi historique : seulement deux nations l’ont fait
Depuis 1930, vingt-deux Coupes du Monde ont été jouées et seules deux nations ont réussi à conserver leur trophée d’une édition sur l’autre :
- L’Italie de Vittorio Pozzo en 1934 et 1938
- Le Brésil de Pelé, Garrincha et Didi en 1958 et 1962.
14 sélections ont défendu leur titre depuis 1962 et aucune n’a réussi à le conserver. Pire encore : trois des quatre derniers champions du monde ont été éliminés dès la phase de groupes du tournoi suivant. L’Italie 2010, l’Espagne 2014 et l’Allemagne 2018 ont quitté la compétition avec une humiliation au bout. Seule la France, qui défendait son titre au Qatar en 2022, a évité ce sort en allant jusqu’en finale, sans toutefois la gagner.
Autant dire que la probabilité statistique penche clairement contre l’Argentine. Mais le foot ne se résume pas aux statistiques.
17 champions du monde reconduits, l’ossature intacte
Lionel Scaloni a dévoilé sa liste des 26 argentins le 28 mai. Sur les 26 sacrés à Lusail, 17 sont reconduits. C’est l’ossature complète du titre 2022 qui revient :
- Emiliano Martínez dans les buts, héros de la finale et de la séance de tirs au but.
- La charnière Cristian Romero, Lisandro Martínez, l’une des plus solides du tournoi.
- Nahuel Molina et Nicolás Tagliafico sur les côtés.
- Le triangle Enzo Fernández, Alexis Mac Allister, Rodrigo De Paul au milieu, exactement le même qu’au Qatar.
- Julián Álvarez et Lionel Messi devant.
Messi, dernière danse à 39 ans
Lionel Messi fêtera ses 39 ans le 24 juin, soit entre la deuxième et la troisième journée de la phase de groupes. Sa sixième et probablement dernière Coupe du Monde, à un an de la fin de son contrat avec l’Inter Miami (avant un retour en Argentine ?).
Pendant la compétition, il dépassera la barre des 200 sélections et deviendra le deuxième joueur le plus capé de l’histoire du football international, derrière le seul Cristiano Ronaldo. Alors qu’on se demandait encore en 2022 si il soulèverait un jour la Coupe du Monde, la question est désormais de savoir avec combien il terminera.
Nico Paz, la relève qui pousse !
Le nom à retenir parmi les nouveaux : Nico Paz, 21 ans, milieu offensif de Côme en Serie A. Formé au Real Madrid, parti chercher du temps de jeu en Italie, il a été l’une des révélations de la saison italienne. Élu parmi les meilleurs milieux de Serie A, il est pour beaucoup dans la qualification de Côme pour la prochaine Ligue des Champions. La question pour Scaloni : Nico Paz titulaire dès le premier match, ou “super-sub” ?
La malédiction du champion sortant
C’est le principal contre-argument au scénario du doublé.
Rappel des chiffres :
- Italie 2006 → Italie 2010 : éliminée en phase de groupes, dernière de son faible groupe derrière le Paraguay, la Slovaquie et la Nouvelle-Zélande.
- Espagne 2010 → Espagne 2014 : éliminée en phase de groupes, balayée 5-1 par les Pays-Bas dès le premier match.
- Allemagne 2014 → Allemagne 2018 : éliminée en phase de groupes, défaite contre le Mexique et la Corée du Sud.
Trois champions consécutifs, trois éliminations dès la phase de groupes. Seule la France 2018-2022 a tenu le choc (finale perdue au Qatar). Pourquoi cette malédiction ? Le mélange est connu : motivation difficile à reproduire, fatigue émotionnelle des cadres, sélectionneur qui a déjà tout gagné et perd un peu de marge tactique, jeunes générations qui n’ont pas grandi avec l’humilité d’avant 2022.
L’un des risques majeurs est l’âge moyen relativement élevé de l’effectif : les fortes chaleurs nord-américaines qui s’annoncent sont un facteur athlétique majeur à prendre en compte.
Le tirage : groupe J abordable, mais piège dès les 16èmes
Sur le papier, l’Argentine est de très loin la favorite de son groupe J (Algérie, Autriche, Jordanie). Une première place se dessine et un parcours sans accroc en phase de groupes paraît jouable.
Le tableau place le deuxième du groupe J face au premier du groupe H, qui est précisément celui de l’Espagne (avec l’Uruguay, le Cap-Vert et l’Arabie Saoudite).
Si l’Argentine termine deuxième de son groupe, elle joue l’Espagne championne d’Europe en titre dès le tour suivant la phase de groupes. La fameuse “finalissima” qu’on avait failli avoir en mars. Pour l’éviter, une seule solution : finir premier ou que l’Espagne ne termine pas 2ème. Cependant, l’autre adversaire potentiel ne serait pas un cadeau puisque ça pourrait être le voisin uruguayen.
Ce que disent les cotes des bookmakers
Sur les principaux bookmakers français, l’Argentine est cotée autour de 10 pour la victoire finale. C’est la quatrième cote du tournoi, à égalité avec le Brésil et derrière l’Espagne. France et Angleterre.
L’Argentine fait donc partie du Top 5 favori mais n’est pas considérée comme la nation la plus probable pour soulever le trophée. Les bookmakers intègrent à la fois la qualité de l’effectif et la malédiction statistique du champion sortant.
Mon pronostic : l’Argentine sort en 1/4 de finale
L’Argentine 2026 a les arguments pour faire le doublé. Une ossature qui a déjà gagné, un Messi toujours en forme, une jeune génération qui pousse derrière, et un Scaloni qui n’a quasi rien changé à ce qui a marché.
Mais elle a aussi de vrais points d’interrogation :
- La malédiction statistique du champion, qui n’a été contredite qu’une fois sur les six derniers tournois.
- L’âge moyen de l’effectif, qui pose la question de l’endurance sur 7 matchs en juin et juillet sous une forte chaleur.
- Un tirage qui peut être compliqué : Uruguay ou Espagne en 16èmes ? Avant un choc ensuite en 1/4 de finale face au Portugal que je trouve un peu supérieur.
Placer l’Argentine dans le top 4 des favoris me semble logique mais je n’en fais pas mon favori. Selon moi ils sortiront lors des 1/4 de finale face au Portugal ou au grand maximum en demi-finale si ils s’en sortent. Pour qui veut jouer contre la statistique du champion sortant, il y a cependant une vraie value à prendre l’Argentine maintenant (coté à 10), avant un éventuel rebond de cote en cas de premier match convaincant.