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À trois semaines du coup d’envoi du Mondial, Marcelo Bielsa n’a pas attendu pour ouvrir le compte à rebours de son propre départ. Le sélectionneur argentin de l’Uruguay a profité d’une intervention sur sa méthode de travail pour une lâcher cette phrase qui a fait le tour des rédactions : « Notre travail s’achève avec la Coupe du Monde ». Traduction simple : après l’aventure nord-américaine, El Loco rendra le tablier de la Celeste.
El Loco met les pieds dans le plat
À 70 ans, après deux ans et demi sur le banc de la Celeste, Bielsa ne prolongera pas son contrat au-delà du tournoi. Ce qui est assez peu surprenant sachant qu’El Loco est passé par 7 clubs/sélections depuis 2010.
Le président de l’Association uruguayenne de football, avait déjà préparé le terrain quelques semaines plus tôt. L’annonce du jour ne fait donc que confirmer un secret de polichinelle.
Le bilan uruguayen : honnête sans plus
Arrivé en juin 2023 pour succéder à la légende Tabárez (qui avait tenu le poste de 2006 à 2021), Bielsa aura dirigé la Celeste sur 33 matchs officiels et amicaux : 16 victoires, 10 nuls, 7 défaites. Un bilan correct mais pas fou. Côté palmarès, deux lignes principales :
- 3ème place à la Copa América 2024, avec un parcours solide gâché par une demi-finale perdue face à la Colombie aux tirs au but.
- 4ème place des éliminatoires CONMEBOL du Mondial 2026, à égalité à 28 points avec la Colombie, le Brésil et le Paraguay, mais à 10 longueurs d’une Argentine qui a survolé.
L’unique vrai cataclysme de l’ère Bielsa ? Le 5-1 encaissé face aux États-Unis en novembre 2025, lors d’un amical qui restera comme la pire claque uruguayenne sous l’ère Loco. Son assez mauvaise relation avec Luis Suárez (« Bielsa a divisé le vestiaire ») avait accéléré la retraite internationale de la légende de la sélection qui a tenté de revenir pour ce Mondial sans succès. L’amour entre El Loco et l’Uruguay n’a pas toujours été un fleuve tranquille.
Quel parcours pour Bielsa ?
Le tirage est plutôt clément sur le papier pour Bielsa pour son premier et dernier Mondial avec La Celeste. La 2ème place leur simple acquise sur le papier dans le groupe H qui comprend:
- l’Espagne, championne d’Europe en titre et grande favorite du tournoi (15,84 % de chances de gagner le Mondial selon Opta).
- l’Arabie Saoudite en reconstruction après le limogeage d’Hervé Renard en avril, remplacé par Georgios Donis.
- le Cap-Vert, qui dispute la 1ère Coupe du Monde de son histoire.
Le calendrier uruguayen :
- Lundi 15 juin à 02h00 (heure de Paris) : Uruguay - Arabie Saoudite, Hard Rock Stadium de Miami
- Dimanche 21 juin à 21h00 : Uruguay - Cap-Vert, Hard Rock Stadium de Miami
- Samedi 27 juin à 02h00 : Uruguay - Espagne, Estadio Akron de Zapopan (Mexique)
Le 8ème de finale, en cas de qualification, opposerait probablement la Celeste à l’Argentine si elle termine première de son groupe J. Une affiche Argentine-Uruguay enverrait du lourd pour le possible dernier match de Bielsa !
Et après ? Newell’s, retraite ou autre folie
Une fois sa Coupe du Monde digérée, deux pistes s’ouvrent au Loco. La première mène à Rosario, ville natale de Bielsa, où Newell’s Old Boys rêve de le rapatrier. Le scénario d’un retour aux sources serait cinématographique : Bielsa a entraîné le club de ses débuts dans les années 90 (Bielsa était joueur du club entre 1976 et 1980 avant de devenir entraîneur de l’équipe première de 1990 à 1992, période durant laquelle il a remporté deux championnats argentins).
La seconde piste, c’est la retraite pure et simple. Bielsa a 70 ans, un genou abîmé, et un rapport à la pression footballistique tel qu’il s’est déjà mis lui-même au tapis plusieurs fois dans sa carrière. Ce ne serait une surprise pour personne s’il décidait de rentrer chez lui à Máximo Paz pour de bon. À moins qu’un projet exotique ne vienne lui chatouiller l’oreille.