Analyse du match Brésil - Maroc
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Brésil DVVVN
Maroc VVVNN
Quatre ans après le Qatar, le Brésil repart en quête de sa sixième étoile, mais avec un visage encore flou. Carlo Ancelotti, premier entraîneur à avoir été sacré champion dans les cinq grands championnats, a hérité d'une attaque qui se cherche : la première période catastrophique face au Panama (2-1 à la pause, 16 tirs concédés) a un peu gâché le 6-2 final du Maracanã le 31 mai. Vinícius Júnior, 25 ans et en plein dans son prime au Real, reste l'arme numéro un, même s'il n'a toujours pas livré son grand match en sélection. Avec Raphinha sur le même couloir gauche, l'animation offensive promet quelques embouteillages.
Le casse-tête est au milieu. Faute de vrais relayeurs centraux dans la liste, Ancelotti part sur un 4-2-3-1 avec Casemiro et Bruno Guimarães à la récupération, du métier mais pas franchement de la vitesse. Devant, Matheus Cunha en pointe et Paquetá en meneur. La bonne nouvelle vient de derrière : la charnière Marquinhos, Gabriel Magalhães tient la route. Neymar, reconvoqué mais blessé au mollet, devrait manquer ce premier match et n'était déjà pas du déplacement à Rio.
En face, le Maroc n'a plus rien d'un invité surprise. Premier pays africain à atteindre le dernier carré d'une Coupe du monde, en 2022, médaillé de bronze aux JO 2024, la génération Hakimi, Brahim Díaz, Ounahi a franchi un cap. Au point d'occuper la 7e place du classement FIFA, juste derrière le Brésil, 6e : sur le papier, l'écart est minime. Le banc a changé depuis le Qatar, c'est désormais Mohamed Ouahbi, sacré champion du monde U20 à l'automne, qui dirige les Lions de l'Atlas après le départ de Walid Regragui. Côté infirmerie, Abde Ezzalzouli est forfait et Nayef Aguerd reste incertain.
Surtout, le dernier face-à-face a laissé des traces. Le 25 mars 2023 à Tanger, le Maroc avait battu le Brésil 2-1, une première dans l'histoire des deux sélections, devant 65 000 spectateurs. De quoi tempérer l'étiquette de favori collée à la Seleção. On voit quand même le Brésil prendre le jeu à son compte et finir par faire la différence, mais le Maroc a les armes pour piquer en contre et rendre la soirée longue. Un 2-1 nous paraît le scénario le plus crédible.
Le Maroc post-2022, l'adversaire qu'on ne voulait pas en ouverture
Tirer le Maroc dès la première journée, c'est tout sauf un cadeau pour le Brésil. Les Lions de l'Atlas ne sont plus la sensation de 2022 : ils sont 7e mondiaux, ont déjà fait tomber la Seleção une fois (2-1 à Tanger en 2023) et alignent une ossature taillée pour les gros rendez-vous, de Hakimi à Brahim Díaz. Pour une équipe d'Ancelotti encore en rodage offensivement, l'entrée en matière a des airs de piège, dans un stade de la région new-yorkaise qui ne manquera pas de supporters marocains.